FAQ Covid 19 / ligne syndicale du SNAPEC sur les conditions d'une reprise d'activité professionnelle

Vous trouverez ci-dessous les questions  les plus fréquentes et leurs réponses au sujet des conditions de reprise de nos activités professionnelles défendues par le SNAPEC.

Non. Nous souhaitons reprendre le plus tôt possible nos activités professionnelles, mais pas à n’importe quel prix, certaines exigences sanitaires étant techniquement incompatibles avec la gestion de la sécurité en escalade et en canyonisme, à commencer par les mesures de distanciation.

Le maintien d’aides de l’Etat constituerait alors non pas un moyen d’enrichissement, mais une levée de fonds pour aider celles et ceux réellement dans le besoin, dans la mesure où le contexte sanitaire serait prioritaire sur le contexte économique (mesure de distanciation toujours nécessaire, donc encadrement impossible).

Par ailleurs, aides et reprise du travail ne doivent pas s’opposer: nous sommes favorables à la prolongation d’une aide plafonnée pour les revenus les plus faibles ou les pertes économiques les plus importantes, sur le modèle du fonds de solidarité en vigueur depuis 2 mois.

Clairement non, pour plusieurs raisons:

 

  • D’abord parce qu’à ce jour, nous ne connaissons pas encore le cadre global des mesures sanitaires qui s’appliqueront à l’ensemble de la population après le début du déconfinement, donc inutile de se répandre en conjectures hasardeuses.

 

  • Ensuite parce que certaines pistes avancées sont juste irréalisables, mais aussi parfois inutiles, voire dangereuses: (masques en canyon ou escalade inutiles quand mouillés, augmentation les risques de noyades et pouvant se prendre dans les systèmes d’assurage, distanciation dans les groupes au détriment d’une capacité d’intervention rapide, gants pas pour l’escalade mais au relais…)

 

  • Enfin parce qu’avancer à l’aveuglette sur ce domaine (sans être médecin !) et promouvoir ces protocoles, c’est s’exposer au risque de faire valider pour nos métiers des usines à gaz impossibles à mettre en place quand rien n’indique que les mesures globales seront aussi contraignantes.

NON !

  • Au niveau de nos activités, d’autres syndicats portent un discours proches (SNGM, SNAM, SNPSC). Nous tentons aujourd’hui avec d’autres d'insuffler la mise en place d’une réflexion collective intersyndicale. Si celle-ci pour diverses raisons ne pouvait se concrétiser, nous nous efforcerions a minima de nous coordonner pour avancer parallèlement sur les points où nous nous retrouvons. 

  • Côté fédérations, la FFCAM a accueilli positivement notre démarche.

  • Côté FERC-CGT, notre analyse a notamment été utilisé dans la branche sport, et sera relayé lundi auprès du ministère des sports.

  • Enfin d’une manière plus générale, l’idée de ne reprendre nos activités professionnelles que dans de bonnes conditions fait son chemin, notamment dans le secteur du tourisme.

Oui.

  • Pour les EPI :

- le syndicat national indépendant des cordistes de France a rédigé un document compilant les consignes des fabricants de matériel en matière de désinfection des EPI. Ce document est régulièrement mis à jour.

- Petzl a publié ce document expliquant comment désinfecter les EPI.

- Beal a publié ce document expliquant comment désinfecter les EPI textiles (de marque Beal).

3 méthodes sont décrites : 1) une mise en quarantaine du matériel de 72h ; ou 2) lavage en machine avec du savon à 60°C pendant 30 minutes (à exécuter jusqu'à 10 fois maximum) ; ou 3) plonger l'EPI dans de l'isopropanol pendant 1 minute (à exécuter jusqu'à 10 fois maximum)

  • Pour les combinaisons néoprène :

- notre partenaire Guara recommande de laver les combinaisons avec les produits bactéricides/fongicides classiques, en respectant les dosages, et de bien faire sécher les combinaisons: le client doit recevoir une combinaison sèche, même entre 2 rotations ! Javel, produits corrosifs et machine à laver sont à proscrire, si vous tenez à vos combinaisons…

- Pour des raisons sanitaires et environnementales évidentes, le SNAPEC s'oppose formellement à l'utilisation du seul désinfectant pour combinaison ayant selon Vade Retro une véritable action virucide : le "Bactopin plus concentré" (fabricant : Action Pin). Prenez connaissance ici de la fiche des données de sécurité du produit, et jugez-en par vous-même. La toxicité / nocivité du produit ne laissent pas de place au doute.

  • Pour les transports: Rien de précis pour l’instant.

Non. Il y a un faisceau d’éléments qui fait raisonnablement penser que nous n’allons pas dans l’immédiat vers une reprise facile et que des difficultés majeures sur un plan social et économique perdureront de longs mois. D’abord, la situation sanitaire et les préconisations des médecins eux-mêmes qui recommandent une reprise de la scolarité qu’en septembre (cf. conseil scientifique). Ensuite, les protocoles proposés par les fabricants de matériel (cf. question précédente) et autres entreprises du monde du sport accueillant du public qui paraissent inapplicables sur le terrain, même avec la meilleure volonté du monde. 

Ca dépend:

  • Contre rémunération, c'est possible, puisqu'il s'agit d'un travail sans face à face avec un public. Il faut juste disposer d'une attestation de déplacement professionnel signée de son employeur complétée le cas échéant d'une note explicative des prestations envisagées (avec notamment le cadre du déplacement, le lieu, les horaires). N’hésitez pas à demander conseil auprès des CRS ou du PGHM de votre région.

  • Dans le cas du bénévolat, cela reste au discernement des préfectures auxquelles il faut faire une demande préalable, et qui jugeront notamment du caractère “d’intérêt général” de la démarche.

Pour les moniteurs qui devaient effectuer leur stage de recyclage professionnel avant fin 2019 ou fin 2020 :

- la date de recyclage est reportée au plus tard au 31 décembre 2020, pour les éducateurs sportifs qui y sont soumis au plus le tard le 31 décembre 2019 (arrêté correspondant)

- la date de recyclage est reportée au plus tard au 31 décembre 2021, pour les éducateurs sportifs qui y sont soumis au plus le tard le 31 décembre 2020 (arrêté correspondant)

En cas de question ou contrôle, vous pouvez présenter les textes de loi ci-dessus.

 

La question de l’effectif regroupe plusieurs aspects:

  1. Pour une question sanitaire, une réduction de la taille du groupe réduit la probabilité d’une transmission du covid 19.

  2. Pour une question économique, le nombre de clients conditionne pour beaucoup d’activités la rentabilité d’une prestation.

  3. Pour une question d’utilité sociale, réduire l’effectif maximum d’un groupe, c’est fortement entraver l’accueil des collectivités (+ de moniteurs pour un même groupe = augmentation du budget encadrement pro pour la structure d’accueil), alors que c’est dans ce secteur que notre utilité sociale est la plus forte, surtout après le confinement.

  4. Pour une question de solidarité entre les moniteurs, une recommandation temporaire dans le sens d’une réduction de la taille des groupes inciterait une meilleure répartition de la clientèle entre professionnels (plutôt que de faire 2 groupes de 8 et un groupe de 2, faire 3 groupes de 6).

 

D’une manière générale, nous ne sommes pas favorables à imposer une réduction de la taille des groupes pour les raisons évoquées aux points 2 et 3, d’autant que cela serait incohérent avec la perspective de réouvertures d’écoles s’accompagnant d’une prise en charge des demies-classes non scolarisées (soit environ 15 élèves) par des éducateurs, mais:

  • Si la question sanitaire reste prioritaire tout en permettant une reprise d’activité partielle, le SNAPEC considère possible de se conformer à une limitation de la taille des groupes, dans la mesure où cela reste rentable pour nos activités et acceptable pour les collectivités.

  • Si la reprise d’activité n’est pas conditionnée par une limitation de la taille des groupes, le SNAPEC encouragera néanmoins les professionnels à faire preuve de solidarité les uns envers les autres en se coordonnant localement pour équilibrer la taille de leurs groupes de manière à ne laisser personne sur le carreau dans ce contexte de saison difficile pour tous.

1-  En considérant avec lucidité la réalité de notre activité de club telle que : 

- rassemblant des groupes d’enfants, d’ados, d'adultes

- où la distanciation physique est plus ou moins impossible à mettre en oeuvre pour l’encadrant

- où le port du masque est dangereux pendant l’activité que ce soit pour l’encadrant comme pour les pratiquants, 

- où la distanciation physique est difficile à mettre en oeuvre dans une même cordée (parades) mais possible bien que contraignante entre les différentes cordées au sein d’un même groupe (par le choix de voies distantes les unes des autres),

- où le passage de plusieurs personnes sur un même itinéraire est quasiment inévitable

- où le groupe club génère forcément un point de rassemblement sur les parkings ou en pied de falaise,

 

2- Il nous semble possible d’aller jusqu'à ces conditions en termes d’adaptations, sans remettre en question la pédagogie, la sécurité du groupe et en adéquation avec les moyens matériels du clubs : 

- des cordées fixes au sein d’un groupe

- le non partage du matériel entre les cordées / favoriser le matériel individuel

- des groupes de taille réduite par rapport aux 8 habituels

- des quarantaines de 72h pour le matériel prêté

- du gel hydro alcoolique avant chaque voie

- pas de transports collectifs : privilégier des sites de proximité et encourager le vélo

- éviter les sites trop pratiqués

- favoriser une journée plutôt que deux demi-journées

- brosser les prises de main

- possibilité de gants en cuir mais uniquement à l’assurage.

- essayer de ne pas grimper dans des itinéraires trop rapprochés

3- Tout ceci à condition que les services gouvernementaux (DDCS comprise) considèrent que les risques de contamination lors d’une pratique club dans ces conditions sont acceptables

Retrouvez ici les mesures générales appliquées à la pratique sportive, et spécifiques à nos activités (page 13-18)

Escalade :

- Nettoyage des mains entre chaque montée, magnésie liquide

- matériel individuel ; suivi de désinfection sur le matériel prêté aux pratiquants

- désinfection ou quarantaine de 72h

- masque obligatoire lors des phases de regroupement

- 2m de distance entre les grimpeurs

- 5m entre les voies dans lesquelles se trouvent des grimpeurs

- Grande voie autorisée si les relais permettent de respecter une distanciation physique

- Blocs de faible hauteur sans parade nécessaire, crash-pads individuels

 

Escalade en SAE :

- traçabilité des entrées

- lavage de mains avant et après avoir touché une corde à demeure

- 4m2 de surface au sol par grimpeur

- distanciation physique de 2m

- marquages / sens de circulation

- vestiaires fermées / pieds nus et torses nus interdits

- cours encadrés : 10 personnes max, encadrant compris, masque pour le moniteur

 

Canyonisme :

- réservé aux pratiquants autonomes sur corde

- 2m minimum de distanciation

- 3 personnes minimum, 10 maximum, encadrant compris

- cotation v4 maximum

- engagement faible / permettant de conserver une marge de sécurité

- distanciation physique d'1,5m minimum

- matériel individuel ; désinfection + quarantaine de 72h recommandée

 

Via ferrata :

- 6 personnes max + encadrant

- encordement favorisé

- gants recommandés

- 2m minimum continuellement respectés entre les participants

Puisque la réouverture des EAPS a été décidé par décret (voir question suivante), les moniteurs peuvent reprendre le travail.

Cependant le guide des mesures sanitaires applicables pour chaque sport publié par le ministère des sports ne spécifie pas les mesures applicables dans le cadre professionnel (comme c'est le cas pour d'autres activités sportives).

Le SNAPEC a travaillé avec la Coordination montagne sur des propositions d'adaptation des mesures sanitaires au cadre professionnel.

Dans l'attente d'un éventuel complément d'information, le ministère nous a informé que les mesures applicables dans le cadre professionnel sont donc celles applicables pour la pratique amateure :

Escalade :

- matériel individuel ; suivi de désinfection sur le matériel prêté aux pratiquants

- désinfection ou quarantaine de 72h

- masque obligatoire lors des phases de regroupement

- 1,5m de distance entre les grimpeurs

- 5m entre les voies dans lesquelles se trouvent des grimpeurs

- Grande voie autorisée si les relais permettent de respecter une distanciation physique

 

Canyonisme :

- réservé aux pratiquants autonomes sur corde

- 3 personnes minimum, 10 maximum

- cotation v3 maximum

- distanciation physique d'1,5m minimum

- matériel individuel ; désinfection + quarantaine de 72h recommandée

L'état d'urgence sanitaire impose le respect de mesures sanitaires (au premier rang desquelles la distanciation physique).

Le ministère des sports a publié son guide des mesures sanitaires applicables pour la pratique sportive, et spécifiquement en fonction de chaque sport pratiqué (guide mis à jour le 15 mai).

Notre courtier nous a garanti que notre contrat de RC pro nous couvre, pour peu que nous soyons à jour de nos obligations et que nous respections la loi et les éventuelles réglementations locales (comme le reste du temps au demeurant).

Cependant, il est naturellement nécessaire de se conformer aux diverses recommandations formulées par le ministère ou la fédération délégataire, attendu que, en cas de poursuite engagée contre vous par un client, le non respect des mesures fixées sera retenu contre vous.

Pour cette raison, notre courtier recommande de diffuser auprès des clients un résumé des mesures sanitaires à respecter au cours de l'activité (depuis l'arrivée sur site jusqu'au départ).

Par ailleurs, notre courtier attire notre attention sur le fait qu'une prudence renforcée est de mise dans ce contexte inédit sur lequel nous n'avons aucun recul.